Programme de prévention sur le sextage – ¨Garde ça pour toi »

#GARDECAPOURTOI :

Le Service de police de la Ville de Gatineau et ses partenaires
lancent un programme de prévention sur le sextage

 

Gatineau, le 24 avril 2017. – Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) a lancé aujourd’hui un nouveau programme de prévention portant sur le phénomène émergent du sextage. Le programme #GARDECAPOURTOI, qui s’adresse principalement aux jeunes âgés de 12 à 17 ans, comporte divers volets auxquels prennent part activement d’importants partenaires, dont le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) par l’entremise de son Bureau des affaires de la jeunesse, le Centre d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles (CALAS) de l’Outaouais, ainsi que les écoles secondaires de Gatineau.

Le sextage, aussi connu sous l’expression anglaise sexting, consiste à utiliser volontairement un « terminal mobile pour créer, transmettre ou échanger[1] » des messages textes à caractère sexuels (sextos).

« Le phénomène du sextage est tellement banalisé chez les jeunes qu’il ne cesse de prendre de l’ampleur, à un point tel que depuis 2014, nous avons traité plus de 80 dossiers de pornographie juvénile qui sont associés à ce phénomène, déplore madame Isabelle Plante, criminologue et chef de la Division de la recherche, du développement et de la stratégie organisationnelle du SPVG. La situation est préoccupante, d’autant plus que ces événements bouleversent de nombreuses personnes lorsqu’ils surviennent et sont à l’origine de réelles détresses. En mettant à contribution les expertises de chacun, nous avons développé un programme qui suscitera l’intérêt des jeunes et retiendra leur attention, tout en répondant aux attentes des écoles secondaires. »

« Consentants ou pas, les adolescents s’exposent à des accusations criminelles liées à la production, à la possession et à la distribution de pornographie juvénile, ainsi qu’à la publication non consensuelle d’une image intime lorsqu’ils envoient ou partagent des photos ou des vidéos à caractère sexuel, explique maître Andrée-Anne Tremblay, procureure aux poursuites criminelles et pénales du Bureau des affaires de la jeunesse du DPCP. C’est en éduquant la population que nous pourrons briser la croyance populaire voulant qu’il n’existe aucune conséquence juridique à ces actions. »

« Nous sommes très heureuses de participer à l’élaboration et la mise en œuvre de ce programme. En s’engageant collectivement, il nous est possible d’aborder la problématique dans sa globalité et d’intervenir à la source en luttant contre les préjugés, explique Joëlle Trahan, intervenante sociale du CALAS. Pourquoi les jeunes considèrent-ils le partage d’images intimes comme un geste banal? Quelles sont les conséquences sociales de ce jeu dangereux à court, moyen et long termes? Voilà des discussions importantes que nous pourrons avoir avec les jeunes. »

Description des volets du programme #GARDECAPOURTOI

  1. Une identité visuelle audacieuse. – Le sextage et la pornographie juvénile étant des sujets délicats à aborder avec les jeunes, l’humour prend tout son sens pour en discuter avec plus de légèreté. Symbole incontournable des réseaux sociaux, le mot-clic #GARDECAPOURTOI sert de logo à la campagne et de message à double-sens : il incite les jeunes à garder leurs parties intimes pour eux et propose une réponse à envoyer lorsqu’ils reçoivent une photo intime. Finalement, le concept visuel associe des images banales (ex. : queue de lézard, boules de billard, chat, etc.) aux expressions sexuelles les plus populaires chez les adolescents d’aujourd’hui pour désigner leurs parties intimes.
  2. Atelier destiné aux élèves de premier secondaire. – Tous les élèves de premier secondaire de Gatineau participeront en classe à un atelier d’une heure divisé en deux thématiques de trente minutes :
  3. Le CALAS abordera les raisons sociales poussant les jeunes à faire du sextage et discutera des façons différentes et plus appropriées de séduire.
  4.  Le DPCP et le SPVG exposeront aux jeunes les conséquences légales possibles de la possession, de la production et de la distribution de pornographie juvénile en démystifiant les articles prévus au Code criminel à cet égard.

Lors des ateliers, les groupes de premier secondaire seront séparés par genre (garçons et filles) afin d’adapter les messages et de faciliter les échanges (diminution des risques de se faire juger).

  1. PDF interactif destiné aux parents. – Le document pourra être consulté ou téléchargé à partir du site Web du SPVG et sera offert dans les écoles secondaires. Il vise à informer les parents sur le phénomène du sextage et de ses conséquences, ainsi qu’à les outiller pour aborder ce sujet délicat avec leur enfant.
  2.  Trousse pour les intervenants scolaires. – Devant l’ampleur du phénomène, les intervenants en milieu scolaire interviennent fréquemment auprès des adolescents. La trousse servira d’outil de référence sur plusieurs aspects du sextage et a notamment pour objectif de répertorier des ressources d’aide utiles aux jeunes et à informer les intervenants sur le traitement d’une plainte en matière de pornographie juvénile au SPVG.
  3.  De grandes affiches sont apposées sur les murs des écoles. En plus du logo et des illustrations originales, les affiches présentent une citation-choc à connotation légale afin de susciter l’intérêt chez les jeunes et susciter des discussions sur le sujet.
  4.  Site Web. – Une nouvelle section du site Web du SPVG présente entre autres du contenu qui s’adresse spécifiquement aux jeunes. On y retrouve une banque d’images qui leur sont proposées pour refuser avec humour une demande de sextage.
  5. Vidéo. – Une vidéo sera lancée à l’été 2017 pour poursuivre la conversation avec les jeunes sur le sujet et leur rappeler les ressources d’aide offertes pendant leurs vacances scolaires.

Tous les visuels et les documents de référence sont offerts dans le site Web du SPVG au www.police.gatineau.ca.

 

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Source :           Service de police de la Ville de Gatineau
Sergent Jean-Paul Le May, lemay.jean-paul@gatineau.ca

 

 

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